Yennayer 2960 11 janvier
Assugas ameggaz et meilleurs voeux pour yennayer :
année amazigh 2960
Assugas ameggaz et meilleurs voeux pour yennayer :
année amazigh 2960
الأمازيغية من اللغات القليلة التي أثّرت وتعايشت مع كثير من اللغات
أوضح المؤرّخ محمد مرداسي، أن عدم تدوين اللغة الأمازيغية، هو ما جعلها عرضة لمختلف أنواع النّهب والسّلب. وقال إن هذا المشكل، الذي كان ولا يزال يقف حجر عثرة أمامها، هو ما دفع بالكثير ممّن يجهلون أو يتجاهلون هذه اللّغة لإسناد عدد كبير من ألفاظها ومفرداتها إلى لغات أخرى، فاقدين بذلك الأمانة العلمية، التي ينبغي المثول إليها أثناء البحث والدراسة.
تطرّق مرداسي، في تصريح خصّ به ”الخبر”، إلى مجموعة من النقاط، حاول على ضوئها كشف النقاب عن العلاقة الكامنة ما بين اللغة الأمازيغية والعامية، فاستهل بتقديم لمحة عن ”ما المقصود من اللغة العامية أو الدارجة؟”. قائلا في شأنها: ”إن اللغة العامية أو ما يعرف بالدارجة، هي اللغة التي يتكلم بها الشعب في الشارع ويتعامل بها، وهي عبارة عن مفردات عربية في معظمها أو أمازيغية في تراكيبها”. مضيفا: ”اللغة الدارجة في الوطن العربي تختلف في اقترابها من اللغة العربية الفصحى، سواء من حيث الضّعف أو القوّة، وذلك كون معظم الشعوب التي نسمّيها شعوبا عربية، وفدت عليها هذه اللغة مع الفتوحات الإسلامية، وتفاعلت مع لغاتها الأصلية. كما أن العامية أو الدارجة بالنسبة للجزائر أو الدول المغاربية، تختلف من منطقة إلى أخرى، نظرا لدرجة تأثّرها باللغة العربية”.
وأوضح مرداسي أن غياب تدوين اللغة الأمازيغية وعدم الاهتمام بها، يضطرّنا لمناشدة كافة الباحثين والمهتمين بهذا المجال، التعمّق والتنقيب أكثر في بحوثهم ودراساتهم، وذلك بالاعتماد على مناهج علمية بحتة، تمكنهم من معرفة مدى العلاقة الوطيدة، التي تجمع ما بين اللغة الأمازيغية والعربية في تكوين العامية. وقال: ”إن الأمازيغية من اللغات القلائل في العالم التي أثّرت وتأثّرت وقاومت وتعايشت مع كثير من اللغات، فهي لغة اعتمدت على معطياتها الذاتية وليس على إيديولوجيات معيّنة أو كتاب منزّل، كما أنها استمرّت آلاف السنين جنبا إلى جنب مع اللغات القادمة من المستعمرين”. مردفا: ”لقد سايرت الأمازيغية اللغة العربية فترة طويلة، ثم تمازجتا فتوّلدت عنهما اللغة العامية التي يعبّر بها المجتمع عن ذاته وكل ما يحيط به. لذا ينبغي على المختصين في حقلها توجيه المزيد من الرعاية لها وإيلاء دراسة مستفيضة بشأنها، خصوصا وأن في دارجتنا مفردات وتراكيب لا يمكن أن نجد دلالاتها الحقيقية إلاّ بالرجوع إلى اللغة الأمازيغية”.
Texte posté par notre ami AYAMOON sur la rubrique “Articles de presse“.
Vos commentaires svp …
بمناسبة حلول عيد الأضحى المبارك, أتقدم بأحر التهاني و أطيب الأماني راجيا من المولى العلي القدير أن يعيده علبنا و على الأمة الإسلامية جمعاء بالخير و البركات.
عيد مبارك و كل عام و أنتم بخير.
En cette occasion de l'Aid El Adha, tous mes meilleurs voeux aux Yaalaouis, aux algériens et à tous les musulmans. Takabella Allahou mina wa minkome.
Le jour de l'Aid est une occasion aussi qui nous pousse à penser aux pauvres, alors il est du devoir de chaque muslim d'aider son frère et de lui permettre de passer un bon Aid et aussi de donner surtout de la joie.
Aidkoum moubarak.
Démolition de EL DJAMAA EL DJOUMOUA à Guenzet
la mosquée de guenzet sera démolie et sera remplacée par une autre plus moderne!
le minaret est déjà démoli et les portes et fenêtres déposées!
la démolition complète se fera dans quelques jours.
(information rapportée par notre ami Tiguert. Cliquez sur le lien suivant :
http://ith-yaala.discutforum.com/ith-yaala-f26/demolition-de-el-djamaa-el-djoumoua-t1560.htm#4578
Novembre 1954 : quel résultat ?
(Une réponse à des jeunes et des moins jeunes qui m’interpellent souvent à ce sujet)
Par Mohamed Mechati (*)
Etait-ce une révolution ou une guerre de libération ? C’est à la fois l’une et l’autre, certainement. Une révolution : cela suppose le renversement total d’un pouvoir par un autre pouvoir lui succédant aux affaires de l’Etat d’un pays. Ici, c’est bien le cas. Nous avions renversé le pouvoir colonial par l’instauration d’un pouvoir national qui, malheureusement, s’est avéré aussi déplorable qu’indigne de confiance.
Une guerre de libération : nous avions libéré l’Algérie pour mettre fin à l’état d’esclavage avilissant du colonialisme pour le bénéfice d’un Etat national d’hommes libres, de citoyens responsables de leur sort et de celui de leur pays. Sommes-nous réellement libres ainsi ? Assurément non ! Nous sommes en train de vivre depuis l’indépendance dans un système despotique, sans foi ni loi qui a accaparé le pouvoir par la force, qui gère le pays comme un fonds de commerce personnel sans se soucier du sort de tout un peuple qui se trouve pris en otage, et dont les libertés fondamentales sont bafouées jusqu’à ce jour. Qu’a-t-on fait pour mériter ce triste sort ? Quelle est l’origine du mal ? Interrogeons notre conscience sans concession et donnons notre témoignage en toute honnêteté et humilité. Il appartiendra aux historiens sérieux de tirer au clair ce qu’ils croiront être la vérité. Il est évident que rien ne vient de rien. Toute action, toute décision a un début et une fin. Toute fin (résultat) n’est que la conséquence logique de son début en bien ou en mal. Une question fondamentale se pose donc pour nous. Avions-nous bien débuté notre action en Novembre 1954 ? Si oui ! Le congrès de la Soummam n’aurait pas eu sa raison d’être. En effet, pour bien faire, celui-ci aurait pu se tenir à Alger avant la fin de l’année 54 si la raison l’avait emporté chez les chefs autoproclamés qui avaient décidé du déclenchement précipité de la lutte armée, au cours de leur réunion du Clos Salembier, sans tenir compte des conseils et des avertissements de leurs homologues responsables au même titre qu’eux. Leur fameuse réunion n’avait été qu’une mise en scène instrumentalisée à dessein pour des objectifs personnels inavoués. Elle avait eu lieu à une époque de troubles, d’inquiétudes et de désespoir du mouvement national, le P.P.A/MTLD générant une grande confusion et une crise de confiance totale des militants en leurs dirigeants dans une période critique pour le pays. Des divergences anciennes, au sein du parti d’ordre personnel plus que politique, opposant Messali à ses pairs (membres du bureau politique et du comité central) s’étaient envenimées à la suite des décisions prises par le dernier congrès de 1953 à Alger, congrès qui avait procédé à de grandes réformes sur le plan politique et décidé des changements nécessaires à la direction afin de mener à bien les tâches futures qui s’imposaient. Messali, mécontent, remettra en cause les résultats de ce congrès et demandera les pleins pouvoirs. Devant le refus de la nouvelle direction qui tenta de lui faire entendre raison, il décida de lancer un appel à la base en adressant aux militants une circulaire publique les incitant à la révolte contre leurs dirigeants qu’il accusa de trahison. Ces derniers quant à eux, l’accusèrent d’être un dictateur mégalomane et incompétent. Cette situation créa un grand déchirement, une crise de confiance totale et un profond désarroi au sein de la base où les militants, divisés en messalistes et centralistes, en vinrent aux mains ; bagarres et agressions armées firent couler le sang de ceux-là mêmes qui hier étaient frères. Il s’ensuivit des batailles rangées à travers tout le pays ainsi que dans l’organisation en France où résidait Messali (en résidence surveillée à Niort). Devant l’aggravation de la situation, Lahouel Hocine, membre du comité central et ancien secrétaire général du parti, appela Boudiaf qu’il fit venir de France pour reprendre en main l’organisation paramilitaire, l’OS (Organisation spéciale) dissoute en 1951. Il décida avec lui de la création du CRUA, dans le but de maîtriser la nouvelle situation et prendre les décisions qui s’imposaient pour le passage à l’action armée organisée dans l’unité retrouvée (mars 1954). Boudiaf, pour se donner le bon rôle, décida à ce moment-là de jouer en solo à l’insu de Lahouel Hocine, son chef hiérarchique, et bien d’autres responsables de l’OS concernés en premier lieu et abusivement écartés. Ceci en lieu et place d’une réunion des responsables légitimes de l’OS, connus à l’échelle nationale, à égalité pour les 3 départements de l’époque, réunion qui aurait eu pour objet d’abord de faire le bilan critique de l’échec de l’OS, des raisons de son démantèlement par la police coloniale en 1950 et de définir la responsabilité de chacun à ce sujet, en vue d’une meilleure efficacité pour l’avenir. Il aurait donc fallu tout faire pour reconquérir la confiance perdue des militants, ne pas user de mensonges et de manipulations afin d’être en adéquation avec l’idée du CRUA qui prônait une position de neutralité envers les deux clans, les incitant à l’union et au passage à l’action armée. Tel ne fut malheureusement pas le cas de ceux qui se sont autoproclamés chefs pour décider quasi seuls et à leur manière de l’insurrection. C’était déjà le premier coup d’Etat du militaire contre l’autorité du politique. Dans la salle prévue pour la réunion, nous nous retrouvions face à un petit groupe déjà installé en «bureau» comme pour diriger les travaux, ils sont au nombre de 5 : Boudiaf, Ben Boulaïd, Ben M’hidi, Bitat et Didouche. Boudiaf, maître du jeu, prit la parole, passa en revue la situation du parti, connue de tous, sa division, le refus d’union de Messali et sur le plan maghrébin, l’Algérie à la traîne alors que Tunisiens et Marocains étaient passés à l’action. Il dira qu’il est temps d’agir sans plus tarder et posa d’emblée la question piège cruciale : qui est pour ou contre le déclenchement de la lutte armée ? Une façon subtile pour éviter tout débat. La réponse fusa unanime et enthousiaste. Il en avait déduit qu’il fallait donc élire une direction en choisissant deux membres uniquement parmi les cinq du groupe composant le bureau qui, à leur tour, choisiront par cooptation les autres membres, sous-entendu parmi l’assistance, pour garder l’anonymat dans la clandestinité. Ce qui n’a pas été le cas, comme on le verra plus tard, le choix était fait, ce sont les mêmes membres du bureau. Puis par un simulacre d’élection, le choix des deux noms qui sortirent (inscrits par chacun de nous sur des petits bouts de papier qui nous furent remis) était, semble-t-il, celui de Boudiaf et Benboulaïd. Aussitôt, la séance fut levée après qu’il nous ait été dit de ne pas assister au congrès de Messali en Belgique ni à celui du comité central à Alger et que les instructions nous seraient données par la suite. Personne ne posa de question spéciale. En dehors des meneurs de jeu qui avaient besoin de se donner une légitimité, aucun participant n’en sut davantage sur la manœuvre, les autres représentants n’ayant été appelés que pour servir de caution abusée. Cette situation avait choqué au plus profond d’eux-mêmes les éléments de Constantine lorsqu’ils prirent conscience de la tromperie et des manœuvres auxquelles ils avaient assisté sans s’en rendre compte sur place. Ils feront appel à leur chef Abderrahmane Guerras (qui sciemment n’avait pas été averti de cette fameuse réunion) pour réfléchir mûrement ensemble sur ce grave état de fait malheureux qui risquait d’ajouter de la confusion à la confusion. Ils décidèrent alors de la tenue d’une petite réunion de conciliation à Constantine afin de lever les équivoques et les soupçons qui risquaient de nuire à l’idéal recherché. Réunion à laquelle avaient assisté quelques responsables du département : Gherras Abderrahmane, Habbachi Abdeslam, Benabdelmalek Ramdane, Mellah Slimane dit Rachid, Bouali Saïd dit Lamotta, Badji Mokhtar, Haddad Youcef, chez lequel s’est tenue la réunion, Bentobal Lakhdar, Mechati Mohamed, (Zighout Youcef aurait été empêché) et Didouche Mourad représentant Boudiaf. Cette réunion avait pour but de convaincre celui-ci de l’absolue nécessité d’une nouvelle rencontre à Alger avec la participation des responsables concernés à l’échelon supérieur, à égalité pour les trois départements en vue de discuter ensemble des problèmes de l’organisation, de l’opportunité de la date de déclenchement de l’insurrection et du choix d’une personnalité d’envergure politique pour nous représenter à l’étranger. Nous avions proposé le nom du Dr Lamine Debaghine, l’initiateur principal avec Belouizdad Mohamed, de la création de l’O.S au congrès du PPA en 1947. Didouche Mourad ne voulut rien savoir. Ce serait comme ils l’avaient prévu eux (Boudiaf et son équipe), un point c’est tout. “Elli m’cha, m’cha, elli ma m’chach, irouh lel habs” pour toute réponse et sans explication : un diktat ! Raison pour laquelle ces derniers avaient décidé de punir le groupe de Constantine pour sa contestation en ne l’avertissant pas du jour du déclenchement. En effet, les éléments de Constantine, anciens membres de l’O.S. connus et fichés par la police coloniale, étaient dans l’ignorance de la date choisie. Conséquence prévisible grave : ils furent tous arrêtés le 1er novembre, torturés et condamnés. Et après avoir purgé leur peine, ils rejoindront le maquis où ils subiront, pour certains d’entre eux, le même sort que Abane Ramdane : on nous dira qu’ils étaient morts au champ d’honneur. Il s’agit là de : Bakhouche Abdesselam, Zighet Smaïn, Zadi Chérif, Bouali Saïd et Mellah Rachid. Voilà dans quel état d’esprit démarra la Révolution qui, heureusement, fut revue et plus ou moins corrigée au Congrès de la Soummam. Congrès qui aurait pu être tenu à Alger, en toute sérénité, pour le passage à l’action pesée, réfléchie et bien organisée avant la fin de l’année 54 par des responsables concernés, connus et librement choisis. Cela dit, malgré toutes ces insuffisances et anomalies, nous étions tous convaincus que l’action, une fois enclenchée, ne pouvait pas échouer. Le peuple la voulait. Il ne croyait plus à l’action politique, il en avait assez, depuis de nombreuses années, de subir la répression et l’humiliation. Il nous réclamait des armes pour se soulever. C’est ce qui fit dire à Ben M’hidi : “Jetons la Révolution dans la rue, elle sera portée par le peuple. Effectivement, le peuple l’avait reprise à sa façon. Le résultat est quand même là : l’indépendance conquise grâce aux sacrifices énormes de tout un peuple. Ce peuple merveilleux qui finalement, déçu, s’est senti frustré de sa victoire par suite de la trahison de certains de ses dirigeants préoccupés essentiellement par la course au pouvoir.
M. M.
* Ancien militant du Mouvement national
Membre fondateur de la Ligue des droits de l’homme
Sauvons Thala Hamza - village de Chrea

Le talus au-dessus de Thala Hamza s’est effondré, Il y a eu un glissement de terrain qui a enseveli toute la fontaine, toutes les terres y sont tombées entrainant avec elles tous les arbres. Il ne reste rien, ni de la fontaine, ni du bassin. Allez les enfants du village de Chréa, faisons un effort pour déblayer le monticule de terres et dégager cet endroit qui nous est cher surtout en été pendant les grandes chaleurs de l’été. Unissons-nous pour rendre Thala Hamza comme elle était avant l’éboulement.
écrit par le Natif
Aid moubarak, takabala Allahou mina wa minkoum, ghafara Allahou lana wa lakoum, à tous les yaalaouis et les musulmans.
Mouhoub Harouche. Ancien inspecteur de langue arabe
« Il faut ouvrir les écoles le vendredi matin »
Pour ce vieux routier de l’éducation nationale, le mal profond qui ronge l’école algérienne réside dans le fait qu’on ne lui a pas fixé la finalité. Sans dire que l’école est otage des choix idéologiques, M. Harouche, qui a consacré toute sa vie à l’éducation, est encore actif et pense que lorsque la politique se mêle de l’enseignement, elle fait des ravages. Il exprime aussi son opposition à une semaine de quatre jours. Il est pour l’ouverture des écoles le vendredi matin.
- Beaucoup d’observateurs s’accordent à dire que l’école algérienne souffre des programmes d’enseignement peu adaptés aux exigences de l’heure. Qu’en pensez-vous ?
- A chaque fois que cela ne va pas dans l’éducation, on met en cause les programmes ; je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette idée. Les programmes d’enseignement sont destinés à être expérimenté – le mot fait peur –, mais cela fonctionne ainsi partout dans les systèmes éducatifs à travers le monde. En ce moment, d’ailleurs, nous sommes en train de remodeler les programmes, mais il ne suffit pas d’en élaborer si on ne les adapte pas à la situation que vit l’élève. C’est là qu’intervient justement la pédagogie. Elle est la synthèse entre les programmes et ce que révèle le diagnostic pédagogique des élèves. Il n’y a pas une seule pédagogie mais plusieurs, il faut la définir en fonction de la situation et des conditions dans lesquelles évolue l’élève. Une situation que doit diagnostiquer l’enseignant en permanence. Mais il faut dire aussi que le niveau des enseignants ne leur permet pas de mieux comprendre les programmes, ce qui nécessite une formation continue de ces derniers. La pédagogie n’est pas une science, mais c’est l’art de découvrir les élèves et de bien les mener vers ce qu’ils devraient être, c’est-à-dire fixer la finalité de l’éducation. C’est là, justement, que réside la problématique de l’éducation dans notre pays. Mais le mal profond qui ronge l’école réside dans la finalité de l’enseignement.
- Justement, cette finalité vers laquelle nous voulons mener les élèves est-elle fixée ?
- Quand il s’agit de l’éducation, il faut oser dire la vérité. Je dirais ceci même au niveau du ministère, nous avons travaillé toujours sans connaître la finalité. Il est du rôle de l’autorité de nous dire quel est le profil de l’Algérien que nous devons former. Il ne faut pas comprendre par profil déterminisme. La raison pour laquelle cette finalité n’est pas fixée réside dans le fait que les autorités politiques ne sont jamais allées loin pour nous dire ce qu’elles veulent faire de l’école, elles n’arrivent pas à exprimer de manière franche les finalités de l’enseignement. Chacun veut une école qui réponde à sa propre conception de la société. Or, l’école doit être cet instrument qui forme des citoyens capables de résoudre des problématiques et de pouvoir répondre aux exigences du temps et de la société.
- Cela nous amène à dire que l’école est otage de choix idéologiques et non scientifiques…
- Je dirais en toute franchise que beaucoup de choses restent à faire pour l’école. Il ne faut jamais se satisfaire de ce qui est fait, car ce qui reste à faire est nettement plus important et l’autosatisfaction nous empêche de progresser. Lorsque la politique s’en mêle, elle dérange la pédagogie et elle fait des dégâts. C’est pour cela que les choses ne marchent pas. L’école doit rester en dehors des calculs politiciens étroits, sinon cela nous mènera inévitablement vers des abîmes. Certes, elle doit former et éduquer des êtres en tenant compte des différentes sensibilités qui traversent la société avec une ouverture sur tout ce qui est valeur universelle, mais sans qu’elle soit otage d’une idéologie.
- Justement, l’enseignement, tel qu’il est dispensé, reflète-t-il l’universalité ?
- Je dirais qu’il est même dans les mission de l’école d’inculquer aux élèves tout ce qui est universel. Il est exigé que les programmes scolaires reflètent ses valeurs. De toute manière, la réécriture des programmes, sur lesquels nous travaillons en ce moment, préconise l’intégration de la dimension universelle dans les programmes et manuels scolaires. Nous consacrons une part pour le savoir et une autre pour véhiculer des valeurs nationales et universelles. On ne fait jamais assez dans ce sens. C’est une nécessité absolue, l’école doit s’ouvrir sur l’universalité, nous devons beaucoup à l’universel, la pédagogie elle-même est universelle. Pour aller vers l’universel, il faut nécessairement passer par les langues, plus on connaît les langues plus on devient humain.
- En parlant des langues, la politique linguistique appliquée jusque-là n’a t-elle pas apporté ses fruits ?
- Tout à fait d’accord avec vous, parce que depuis un certain nombre d’années, nous formons des monolingues. Le débat sur la langue nationale ou les langues étrangères est biaisé dès le départ, car la dimension politique a prévalu sur l’approche scientifique. La preuve, la commission Benzaghou, qui a fait un travail remarquable par ailleurs, préconisait l’introduction du français à partir de la deuxième année primaire et l’anglais à partir de la première année moyenne, sauf que cette mesure reste lettre morte. Voilà ce qui arrive quand la politique s’en mêle. Je dirais même qu’il faut introduire l’anglais dès la cinquième année primaire. On ne peut pas enseigner les disciplines scientifiques sans la maîtrise des langues. Le problème se pose aussi pour la langue arabe, elle-même, et la manière de l’enseigner. Elle n’est pas enseignée tel qu’elle devrait l’être, on reste figé dans la répétition et la routine. Or, une langue se développe. On n’a jamais enseigné l’arabe par le texte et la phrase. La langue on l’enseigne au moyen de compétences discursives. Et le résultat est là, nous avons formé des élèves qui apprennent le savoir mais sans le savoir-faire. Il ne faut pas voir de risque dans l’enseignement des langues étrangères dès les premières années de scolarité, bien au contraire nos enfants ont tout à gagner. A ce titre justement, je vous raconte une histoire qui s’est déroulée en Grèce antique avec Socrate et chacun de nous doit en tirer la leçon. Une fois, on lui a ramené un « esclave » qui voulait apprendre la géométrie. Le philosophe avait demandé si ce serviteur maîtrisait le grec, on lui avait répondu par la positive. Il leur a dit : « Il pourra donc apprendre toutes les sciences. » L’autre enseignement à tirer de cette belle histoire est que la pédagogie doit être active. Elle doit associer l’élève à la construction de son savoir. C’est aussi cela le sens de la démocratie dans l’enseignement. On est heureux d’apprendre parce que notre professeur est heureux d’enseigner.
- Pensez-vous que le réaménagement du calendrier avec un week-end de deux jours est positif pour l’élève et l’enseignant et leurs rendements ?
- Sans détour, cette décision est une erreur. Ce week-end a semé la pagaille et je suis totalement contre à ce qu’on ferme les écoles le vendredi matin. Je reprends l’expression qui dit : « L’encre des savants pèse beaucoup plus que le sang des martyrs », cela veut dire le sacré des sacrés c’est l’encre, c’est-à-dire le savoir. Dans le système éducatif, le sacré c’est lorsqu’on apprend à n’importe quel moment de la journée. Il faut laisser les écoles ouvertes le vendredi matin qui doit être consacré à l’évaluation, la formative et la sommative. Vous conviendriez avec moi que l’évaluation de nos élèves fait défaut. Or, elle est hautement importante. Si l’enseignant ne sait pas ce que son élève a retenu et la somme des connaissances acquises durant la semaine, l’effort est fourni vainement. Avec ce réaménagement du week-end, la journée sera dure à supporter, et pour l’élève et pour l’enseignant.
Par Hacen Ouali ( ElWatan - 13/09/2009 )